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La chirurgie du visage

Le visage est de part sa visibilité et son expressivité, un élément incontournable de l’identité d’un individu. Il est donc d’autant plus difficile de le voir, dans son ensemble ou en partie, tel qu’il est avec ses défauts ou transformé en raison d’un accident ou des méfaits du temps. Plusieurs raisons peuvent donc pousser à avoir recours à la chirurgie.

La chirurgie esthétique a toujours bénéficié des progrès réalisés par la chirurgie réparatrice. Il en est ainsi depuis la dernière guerre mondiale. Les avancées techniques ont abouti à la réalisation de la première greffe d’un visage en novembre 2005 par les professeurs Dubernard et Devauchelle. Défiguré par un chien, le visage d’une jeune femme a été reconstruit grâce à un prélèvement sur un donneur. Le caractère exceptionnel d’une telle opération ne doit pas laisser penser qu’une intervention telle qu’une rhinoplastie ou un lifting est un acte sans conséquence.

C’est pourquoi il est une fois encore très important de rappeler le caractère extrêmement délicat de ce type de chirurgie. Un chirurgien diplômé n’est pas forcément un esthète ni un spécialiste de la reconstruction faciale ou de la chirurgie esthétique. Les ratages sont possibles, les erreurs aussi. Aux Etats-Unis certains chirurgiens se sont même spécialisés dans la réparation des erreurs ou complications causées par des confrères. Les nerfs, les muscles peuvent être touchés, les opérations peuvent durer des heures et nécessiter des journées d’hospitalisation. Confier son visage à n’importe qui, c’est prendre un risque inconsidéré. Le Conseil de l'Ordre des Médecins est là pour informer, orienter, conseiller.

Aujourd’hui, la majorité des actes chirurgicaux qui concernent le visage se font pour des raisons esthétiques. Avec le vieillissement tout tombe, les joues, le menton, les paupières. Après l’adolescence on pensait en avoir terminé avec les changements et autres bouleversements mais voilà que tout recommence! Cette nouvelle métamorphose est rarement prise avec sagesse et philosophie. Pour preuve la consommation sans cesse croissante des cosmétiques sensés nous rajeunir sans effort. L’utilisation de crème et autre sérum est certainement bénéfique pour la peau mais vient un jour où l’on se rend compte que rien n’y fait et qu’inexorablement le temps passe et laisse ses traces. La chirurgie esthétique répond avec ses moyens à ce problème. Les spécialistes existent. Si vous vous sentez prêt(e)s, autant profiter de leur talent pour effacer ou atténuer tout ce qui vous gâche la vie.

Quand les injections de Botox, de collagène ou d’acide hyaluronique ne suffisent plus pour lisser le front, repulper les lèvres ou combler le creux des joues, nombreuses sont celles et ceux qui passent au stade supérieur. Le plus connu des « remèdes » est le lifting qui permet de retendre la peau du visage, en coupant tout ce qui est en trop. Ses effets peuvent durer plusieurs années. Mais après un lifting, on continue à vieillir, il faut donc se mettre dans la tête l’idée qu’on devra encore avoir recours au bistouri. L’engrenage voire l’addiction ne sont pas loin. Et il faut aussi en avoir les moyens même si la chirurgie esthétique se démocratise. (pour tout ce qui concerne la chirurgie réparatrice, il y a prise en charge par la Sécurité Sociale).

Lorsqu’il s’agit de refaire un nez un peu disgracieux ou même un lifting pour redonner de la fraîcheur au visage, il n’y a pas de problème. Mais parfois le fait de modifier un élément, comme de lever les paupières, peut transformer le visage complètement en en changeant les caractéristiques propres et en le rendant parfois méconnaissable aux yeux de la personne même. Les conséquences psychologiques ne sont pas négligeables. Un suivi psychologique peut donc parfois être nécessaire pour les personnes qui n’arrivent pas à s’habituer au reflet que leur renvoie leur miroir.